La mortalité routière n'a jamais été aussi basse pour un mois d'août - 299 tués - depuis la création des statistiques en 1948. Devant ce chiffre historique, Pierre Chasseray, délégué général de 40 millions d'automobilistes, soutient qu'il n'y a pas de corrélation entre la mise en place de mesures répressives et la mortalité routière.
Les statistiques sont formelles... Jamais un été ne s’est avéré aussi peu meurtrier sur les routes depuis 1948 et la création des indicateurs de sécurité routière. Avec une chute de près de 10 % du nombre de décès par rapport à l'été 2013, ces chiffres viennent enterrer les prédictions de ceux qui s'alarmaient déjà des cinq mois de hausse consécutifs entre février et juin 2014.
Il y a deux mois encore, les adeptes de la répression à tout prix étaient en ébullition! Il fallait au plus vite abaisser les limitations de vitesses. Il fallait de nouveaux radars... Profitant de quelques chiffres en légère hausse, nos "champions" des prédictions alarmistes profitaient d'un remaniement ministériel pour mettre sous pression les pneumatiques d'un nouveau ministre de l'Intérieur faisant le choix d'un moment de silence et de recul avant de s'exprimer sur les tendances de la mortalité routière.
Alors que notre association persévérait dans un argumentaire rassurant de baisse mécanique du nombre d'accidents en agitant des rubans blancs en signe d'apaisement, nos opposants, militants de la suspension de permis pour tous, brandissaient des drapeaux noirs, à coups de chiffres et de courbes dévastatrices pour 40 millions d'automobilistes déjà excédés par un régime de la surrépresion.
Et puis il y a eu le 16 juin 2014. Lors du Conseil national de Sécurité routière, Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, annonçait contre toute attente qu'il abandonnait l'idée d'une baisse généralisée des limitations de vitesse, refusant alors de céder au chantage de la boule de cristal prédisant un été meurtrier.
Dans ce contexte, l'annonce quelques jours plus tard de la hausse de la mortalité routière en juin aurait pu sonner le glas pour des milliers de panneaux de limitation de vitesse à "90" tant le terrain médiatique était occupé par les quelques partisans du "tout répression". Leur ode à la punition collective était alors reprise en écho par le monde médiatique telle une vérité universelle. Mais leur stratégie de la peur resta vaine. Le ministre de l'Intérieur ne varia pas le cap, paraissant préférer l'analyse pragmatique d'une tendance pourtant sans faille : la courbe des accidents n'a jamais cessé de s'améliorer depuis... 1972!!!
Merci, monsieur le Ministre !
A présent, nous sommes en septembre 2014 et nous savons que jamais un été n'a dénombré si peu d'accidents, si peu de décès, si peu de blessés. Comment ne pas s'en réjouir ? Comment ne pas remercier Bernard Cazeneuve de la confiance accordée aux automobilistes ? Comment ne pas le remercier d'avoir choisi de ne pas céder à la pression d'un monde moderne toujours en quête de mesures politiques hâtives pour répondre à un fait conjoncturel ? Où sont passées les sybilles et autres diseuses de mauvaise aventure qui pariaient sur l'inexorable augmentation des accidents ? Leur "excès de vitesse" à vouloir réagir trop vite est sans appel. Comment pourront-ils à nouveau défendre que seule la répression toujours accrue explique la réduction du nombre d'accidents ?
Les voitures évoluent. Toujours plus sûres! Le parc automobile se renouvelle et la sécurité de tous en même temps... La route évolue et les innovations dans la qualité des revêtements de voirie permettent assurément une amélioration constante de la sécurité routière. Encore faut-il que collectivités locales, conseils généraux, régionaux et État mesurent l'importance de l'entretien de notre réseau routier et de la nécessité d'investissement dans des dispositifs de sécurité essentiels à la conduite (marquages au sol, glissières de sécurité). Mais bien évidemment, les mentalités évoluent et les comportements routiers aussi. Bien évidemment, il restera toujours une minorité d'"irréductibles gaulois" convaincus d'être immortels... Et bien entendu, les forces de l'ordre ont un rôle essentiel à jouer. Mais ce n'est pas parce qu'il existe 1% de chauffards que nous devons prendre en otage tous les automobilistes raisonnables et responsables dont notre association souhaite au quotidien se faire l'écho.
Nous sommes aujourd'hui, plus que jamais, 40 millions d'automobilistes militants d'une meilleure sécurité de nos routes, partisans de pistes nouvelles pour sauver des vies, refusant l'infantilisation des automobilistes à la faveur d'une meilleure formation plus moderne.
On ne fait pas de la sécurité contre les automobilistes, on la fait AVEC eux. L'été 2014 prouve qu'il n'existe pas de corrélation entre la mise en place de mesures répressives et la baisse de l'accidentalité routière.
Tribune de Pierre Chasseray publiée par Le Cercle Les Echos
Publications sur le même thème :
Commentaires
Toute la sécurité routière tourne autour de deux thêmes, mais sans verbaliser à outrance, pourquoi ne
pas faire des campagnes d'information sur des themes divers ciblés :
-utilisations obligatoire des clignotants en ville, sur route, sur autoroute ......
-utilisation des feux de croisement , des feux antibrouillard (avant et surtout arriere)....
L'hyper répression , je ne crois pas à ses "vertus"...Se sentir responsable me semble tout de même plus intelligent et efficace
Bravo pour cette belle tribune et merci 40MA pour tout le travail de terrain que vous réalisez chaque jour.
Pour moi que ces chiffres augmentent ou diminuent à un instant donné, leur interprétation n'a aucun sens sauf à auto-satisfaire une classe dirigeante qui a l'impression de prendre de bonnes décisions et manipulent l'opinion publique en faisant le lien entre répression et baisse de la mortalité. Pour rappel, un rapport publié par l'INSEE fin 2013 montrait que le relation entre implantation des radars et mortalité n'est pas si évidente: (http://www.lepoint.fr/auto-addict/securite/radars-l-etude-de-l-inse...)
Pourrait-on un jour avoir des chiffres sérieux qui présentent le nombre de décès par densité de trafic et de nombre de kilomètres parcourus ?
Quoiqu'il en soit le nombre de morts baisse sur les routes depuis des années et scientifiquement il n'a jamais été prouvé qu'une relation directe existe entre multiplication des radars et baisse de la mortalité routière et il en va de même pour le célébrissime adage de réduction de la vitesse de 10km/h équivaut à x% de décès en moins.
Ce qui est vrai par contre c'est que les radars ont moins rapporté en 2013 (http://www.lexpress.fr/actualite/societe/2013-une-annee-noire-pour-...) et qu'on se traîne toujours autant sur des autoroutes dont les prix sont à la limite de l'indescence.
L'État et les associations anti-auto continuent de marteler des contre-vérités pour justifier un système de taxes rentable et bien organisé que certains de nos ministres s'empressent de contourner (PV non payés, feux rouges ignorés, dépassement des limitations de vitesse pour leur sécurité).
http://news.autoplus.fr/news/1484297/Ministre-Gouvernement-Francois...
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/12/18/01016-20131218AR...
De plus ces mêmes personnes font intentionnellement l'impasse sur les progrès réalisés par les constructeurs concernant sécurité passive et active.
La multiplication des radars et des RMNG impliquent une déresponsabilisation des automobilistes avec des comportements qui changent, avec des usagers qui sont plus concentrés sur le compteur, qui squattent la file du centre à 100/110 et même certains qui bloquent à 80/85 sur la première file et qui mettent en danger les autres conducteurs car leur vitesse est complètement inadaptée, obligeant les poids lourds au dépassement.
Cet été durant le mois d'Août j'ai respecté scrupuleusement le 70 sur le périph et devinez quoi, les PL étrangers doublent les VL sans aucun soucis. N'y a t il pas un problème ? Répression aveugle, appât du gain, la seule raison d'être de la sécurité routière est de se transformer en $€curit€ R€nti€re...
Il est important que notre code de la route sois dépoussiéré et prenne en compte les innovations technologiques.
Le tout répressif n'a plus sa place dans le discours surréaliste et alarmiste dans anti-auto.
On pourrait imaginer:
L'intégration de série dans les véhicules des informations routières en temps réel afin de pouvoir augmenter les vitesses sur le réseau autoroutier.
L'adaptation automatique des vitesses sur les voies le permettant (ex A13 entre Mantes et Poissy)
L'installation des systèmes de détection de la somnolence
Analyse du taux d’alcoolémie évitant le démarrage du véhicule (ce n'est pas le plus simple, j'avoue)